
Séminaire 2025-2026 : Idées politiques
3 rendez-vous sont programmés :
- samedi 4 avril 2026, 10h30, auditorium
Lionel Jospin et le droit d'inventaire
Premier secrétaire du Parti socialiste et député en 1981, Lionel Jospin (1937-2026) est alors proche de François Mitterrand. Il est ministre de l'Éducation nationale en 1988 dans le gouvernement dirigé par Michel Rocard. En 1991, en publiant L'invention du possible, il met en œuvre le droit d'inventaire par rapport aux années Mitterrand. Battu au second tour de l'élection présidentielle en 1995 par Jacques Chirac, il devient en 1997 Premier ministre de celui-ci dans le cadre d'une cohabitation, la « gauche plurielle » ayant alors remporté les élections législatives après une dissolution. A Matignon, Lionel Jospin est associé à diverses réformes : les 35 heures, la CMU, le PACS... Éliminé dès le premier tour en 2002 à l'élection présidentielle qui vit Jacques Chirac réélu, il s'éloigne de la vie politique.
Après 2002, il a exercé le droit d'inventaire sur lui-même et sur la gauche ; il s'est interrogé sur la survivance de la tentation bonapartiste en France, « le mal napoléonien », sur l'extrême droite et sa spécificité. Il a pesé le pour et le contre à propos de l'immigration, du néo-libéralisme, de la démocratie, dans « un temps troublé », celui des premiers années du XXIe siècle.
Suggestion de lecture : Dominique Méda, "Les leçons de Jospin et de Habermas", Le Monde, 5-6-7 avril 2026, page 28.
- samedi 6 juin 2026, 10h30, auditorium
Reconnaître la Palestine comme État : pourquoi tant de polémiques ?
De nombreux États ont reconnu la Palestine comme État par le passé. Le 22 septembre 2025 la France à son tour a reconnu officiellement la Palestine. D'autres pays pareillement.
Le gouvernement israélien a protesté, conforté dans sa protestation – violente – par une part de l'opinion israélienne. En France même, diverses personnalités ont dénoncé cette reconnaissance.
Pourquoi ? Elle s'inscrit pourtant dans la continuité d'une reconnaissance officielle de la Palestine déjà ancienne hors d'Israël, et d'une reconnaissance implicite dans divers secteurs en Israël après les accords d'Oslo.
Serait-ce que des Israéliens refusent, contre le droit international, l'indépendance de la Palestine, associant Gaza et la Cisjordanie ? Serait-ce que des Israéliens privilégient la colonisation des territoires occupés jusqu'à l'effacement de la Palestine ? Hors d'Israël, sur quoi se fondent les détracteurs de la reconnaissance de la Palestine ?
- samedi 27 juin 2026, 10h30, auditorium
Immigration : un enjeu électoral majeur
Dans de nombreux pays européens, dénoncer l'immigration permet à des acteurs politiques – le plus souvent d'extrême droite – d'être très présents sur la scène médiatique, et d'obtenir un assentiment populaire attesté dans des sondages. En France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Pologne, en Grande-Bretagne, etc., une certaine offre électorale est centrée sur la seule immigration, offre électorale qui assume sa dimension xénophobe. On ne se soucie guère des évolutions climatiques, de l'impérieuse nécessité d'une défense commune en Europe...
Le sujet de l'immigration est aussi abordé en Afrique du Sud, au Moyen Orient, en Amérique latine... Peut-on parler de ce sujet sans se référer à telle ou telle religion, à telle ou telle culture, en considérant l'instrumentalisation des immigrés, quasi esclaves modernes, pour des visées économiques, pour un partage des tâches foncièrement inégalitaire ? A l'inverse, peut-on écarter de la réflexion que les migrants, en changeant de pays, aspirent à une vie meilleure ?
Dans la mesure où l'immigration est un enjeu électoral, comment assumer de bonne foi les tensions susceptibles d'apparaître au sein des pays d'accueil au vu de certaines pratiques sociales et religieuses auxquelles des immigrés sont attachés, au vu de l'implication de certains immigrés dans des formes de criminalité ?