
Edgar Morin
(8 juillet 1921-29 mai 2026)
« Je me définis selon une unité plurielle. Je suis d'ascendance juive séfarade […]. J'ai gardé mon nom de naissance – Nahoum – sur mes papiers d'identité, j'ai pris un pseudonyme en entrant dans la Résistance – Morin – et je l'ai gardé pour mes activités publiques. La honte de soi ne me concerne pas. Je porte en moi une identité méditerranéenne, italienne et espagnole de plusieurs siècles.
Je suis d'abord un être humain pour qui, comme le disait Montaigne, tout homme est mon compatriote ; puis je suis français, juif ; méditerranéen, nourri par un humanisme universaliste qu'apportèrent le marane Montaigne et l'apostat Spinoza, humanisme qu'a entretenu ma culture française faite de la fréquentation des œuvres de Voltaire, de Denis Diderot ou de Victor Hugo. J'ajoute pour me situer que je fais partie des juifs humanistes hostiles à toutes persécutions, tous mépris, tous rejets. »
(Edgar Morin, Le Monde, 15 avril 2026, p. 26).
« Je m'ébahis devant les pépins amassés, protégés comme des bébés à l'intérieur de la chair du melon, des pépins du grain de raisin, ou devant l'amande calfeutrée à l'intérieur du noyau cuirassé de la pêche.
J'ai le fort sentiment de l'invisible caché dans le vu. »
(Edgar Morin, Connaissance, ignorance, mystère, éd. Fayard, 2017, p. 11).
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L'Université populaire de Caen a présenté Edgar Morin sociologue, philosophe, écrivain, lors d'une séance le 12 mai 2018. Elle voudrait s'inspirer de sa résistance généreuse et de sa bienveillance.