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Marie-Jo Bonnet

Séminaire 2025-2026 : Histoire des femmes

- samedi 27 juin, 14h, auditorium

Les cercles littéraires de Natalie Barney et Lucie Delarue-Mardrus, racines de notre époque

Lucie Delarue-Mardrus a rencontré Natalie Barney en 1902 alors qu’elle venait de se marier avec l’égyptologue Mardrus. Les deux femmes vont vivre une grande passion qui inspire à Lucie un recueil de poèmes intitulé Nos secrètes amours.

Titre évocateur de la situation des lesbiennes en ce début du siècle, vues comme des femmes « damnées » et des « inverties ». Or c’est à cette époque qu’une génération de femmes libres va impulser une nouvelle culture féminine sous la houlette de Natalie Barney. Renée Vivien, bien sûr, mais aussi Liane de Pougy, qui vient de publier Idylle Saphique, et bientôt Elisabeth de Grammont, la « princesse rouge », puis Colette, vont donner naissance à une culture féminine tout à fait exemplaire et cela en compagnie d’hommes de lettres progressistes, comme Remy de Gourmont, qui fera de Natalie l’immortelle Amazone.

« Toi le bonheur, l’horreur, l’énigme de mon âme », écrivait Lucie Delarue-Mardrus dans un poème à Natalie.

Nous aurons une attention particulière pour ces poèmes « secrets » de Lucie qui expriment une vision de la jouissance féminine, très proche de ce qu’en dira Lacan dans son séminaire Encore. La passion lui a fait toucher un certain inaccessible de la jouissance féminine. Une jouissance « pas toute » comme dira Lacan, c’est-à-dire « pas toute phallique ».

Sachons enfin que trente ans plus tard, Lucie publie L’Ange et les Pervers, un roman dont l’héroïne est intersexe. Homme, le matin et femme le soir, exprimant un clivage entre le corps et l’âme qui pourrait être autant la maladie des années trente, que celle des années 2020

Sujet plus que contemporain qui nous permettra de voir comme notre époque ignore cette culture féminine émancipatrice qui est pourtant sa racine la plus fertile.

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